Affichages de Classe

 

Dans les classes du Bénin, il n'y a jamais de vitres aux fenêtres. L'air et la lumière entrent généralement par des claustras. Le procédé est à la fois économique et adapté au climat très chaud de l'Afrique. Si l'air circule ainsi plus librement, la poussière aussi et il y en a vraiment beaucoup... Les affichages papier sont rares car les courants d'air les arrachent et la poussière les dégrade. Dans chaque classe on peut s'attendre à trouver au moins le tableau synoptique du maître et le tableau des présences. Quand il n'y a pas de mur, le problème ne se pose plus et la seule préoccupation devient alors d'installer un tableau noir.

 

 

Le maître est tenu d'installer son tableau synoptique qui récapitule les informations indispensables concernant sa classe. L'objet est personnel. C'est un cadre en bois qui se présente comme une mallette : il peut se refermer afin que le maître l'emporte chez lui ou s'ouvrir pour être affiché. Certains sont de véritables oeuvres d'art.

 

Les tableaux noirs sont parfois verts. D'autres fois les moyens qui permettraient de les recouvrir de peinture manquent alors ils restent à l'état brut, couleur ciment ou contreplaqué.

 

Dans les classes en dur, les tableaux sont généralement fabriqués par le maçon. Un peu de ciment bien lissé en relief sur le mur et le tour est joué. On trouve ainsi, dans certaines classes, deux immenses tableaux qui font la largeur de toute la salle. Un devant, face aux élèves et un au fond de la classe. Cela permet au maître de conserver de nombreux écrits pendant le temps qu'il juge nécessaire. J'ai ainsi pu observer des stratégies pédagogiques très intéressantes. Par exemple, à Gobé, le maître du CM2 écrit les paroles des nouveaux chants sur le tableau du fond. Après la séance de découverte-apprentissage, certains élèves connaissent les paroles par coeur mais d'autres non. Lors des séances de chant suivantes, le maître fait chanter ses élèves face à lui mais autorise ceux qui en ont besoin à regarder le texte qui se trouve derrière. Il peut donc, en voyant combien d'élèves lui tournent le dos, évaluer la maîtrise du texte. Lorsque tous ses élèves lui font face, il peut effacer le texte car cela signifie que plus personne n'en a besoin. Simple mais terriblement efficace...

 

 

 

 


Lucrèce a installé un rideau sur une partie de son tableau. Elle dispose ainsi d'un outil bien pratique.

 

Au Bénin, les livres et les photocopies sont rares. C'est peut-être pour cette raison qu'on emploie couramment une expression que j'aime beaucoup dans le milieu enseignant. Lorsqu'un maître va enseigner, on dit de lui qu'il va à la craie.

 

 

 

Un autre affichage se retrouve dans toutes les classes. Il s'agit du tableau de présence des élèves. Parfois une grille est directement peinte sur le tableau, d'autres fois le maître s'est fabriqué une ardoise spéciale. Là encore, les qualités artistiques de chacun peuvent trouver un terrain d'expression.

 

 

 

 

 

 

 

Il y a quelques années, les cadrans mathématiques se retrouvaient dans toutes les classes. Avec les nouveaux programmes ils ont un peu disparu. On en retrouve dans les classes des maîtres expérimentés qui n'ont pas voulu abandonner cet outil qu'ils jugent intéressant. Ce cadran sert à exercer les élèves en calcul mental par le procédé de la Martinière (avec l'ardoise). C'est simple, rapide et tous les élèves travaillent en même temps sous le contrôle du maître.

 

Michel BOURBAO - Porto-Novo (mars 2006)
Photographies personnelles ou prises par Eric

 

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