Elections présidentielles - Bénin 2006

 

Le dimanche 5 mars 2006, le peuple béninois est allé voter afin de choisir le futur président de la république. Il n'y avait pas moins de 26 candidats pour ce petit pays de 7 millions d'habitants. Les élections se sont déroulées dans le calme. Les résultats provisoires du premier tour n'ont été diffusés que le dimanche 12 mars.

 

Dans les rues de Ouidah, quelques jours avant les élections, les monuments de la ville étaient recouverts d'affiches électorales. A la fin de la campagne, ces affiches ont été enlevées. Le règlement des élections prévoit qu'elles doivent avoir disparu pour le jour du scrutin.

 

Dans bien des écoles, les élèves ont été privés de leurs maîtres pendant le mois de février. En effet, nombreux étaient les enseignants chargés de la délivrance des cartes électorales. Des bureaux étaient installés dans les cours d'écoles et chaque citoyen en âge de voter devait venir s'y inscrire. Après s'être assuré que le citoyen habitait bien dans le quartier et vérifié son identité, les membres du bureau lui délivraient une carte d'électeur et validaient son inscription sur la liste électorale locale. Ci-dessus, la liste affichée devant l'école d'Awaya.

 

Le lundi 13 mars 2006, j'achète un journal (LE PAYS) qui publie les résultats provisoires du premier tour. D'après la CENA (Commission Electorale Nationale Autonome), l'organisme indépendant chargé d'organiser et de superviser les élections, il y aurait eu 4 012 209 inscrits, 125 974 bulletins nuls, 2 222 100 suffrages exprimés dans 17 489 bureaux de vote.
Pour l'instant, 12 394 bureaux auraient été dépouillés et auraient permis de réaliser cette estimation. Le taux de participation serait de 58,52%, le taux d'abstention serait de 41,48%, le taux de bulletins nuls serait de 5,36% et le taux de dépouillement actuel serait de 70,87%. Les résultats du premier tour, au niveau national, vont donc devenir plus précis les prochains jours.

La période des élections crée un climat bien particulier qui ne se ressent pas dans les vieilles démocraties comme la France. Ici, l'Histoire récente est particulièrement sensible. Le Bénin (qui s'appelait alors le Dahomey) est devenu une colonie française le 27 juin 1894. Le pays n'a retrouvé son indépendance que le 1er août 1960.

La période qui a suivi fut marquée par une alternance de gouvernements civils et militaires jusqu'au 26 octobre 1972, date à laquelle le commandant Mathieu Kérékou prend le pouvoir. Un gouvernement militaire révolutionnaire est établi. Il adopte les principes du marxisme-léninisme et crée le PRPB (Parti de la Révolution Populaire du Bénin). Le pays connaît alors une longue période qui pourrait être qualifiée de dictature militaire communiste. Cette période s'achève par une grave crise économique. Le Bénin est au bord de la banqueroute, les fonctionnaires ne sont plus payés pendant un an. Le président Kérékou est contraint, en juin 1989, d'accepter les conditions draconiennes que posent le F.M.I. et la Banque mondiale pour accorder leur aide.

En février 1990, une conférence nationale des forces vives de la nation décide de mettre fin au régime de parti unique et d'organiser des élections générales. Une nouvelle constitution est adoptée par référendum le 2 décembre 1990. Le 24 mars 1991, le premier ministre Nicéphore Soglo emporte les élection présidentielles contre le général Kérékou.

Depuis ce retour à la démocratie, le Bénin a toujours su conserver sa liberté d'expression. Pourtant, en 1996, de nombreux citoyens appréhendent un retour à une nouvelle forme de dictature car Mathieu Kérékou se présente aux élections présidentielles et l'emporte démocratiquement contre Nicéphore Soglo. Son retour au pouvoir n'altère en rien la jeune démocratie. Il est même réélu en 2001 mais cette fois les citoyens ne semblent plus inquiets quant au respect de la démocratie.

En 2006, le président Mathieu Kérékou arrive en fin de mandat et ne se représente plus car il a atteint l'âge limite. Il laisse se dérouler le jeu démocratique sans soutenir aucun candidat. Les Béninois se sentent très concernés par ces élections. J'en ai entendu parler pendant toute l'année scolaire. Bien que de nombreux adultes soient illettrés j'ai pu percevoir un réel besoin de renouveau politique et entendre de véritables débats sur tout le territoire. Souhaitons au peuple béninois qu'il puisse se choisir un président qui saura faire progresser les conditions de vie de chacun. La date du second tour sera bientôt fixée par la CENA, dès que tous les problèmes de dépouillement auront été réglés.

Voici les résultats provisoires du premier tour :

 


Yayi BONI aurait obtenu 34 % des suffrages exprimés

 


Adrien HOUNGBEDJI aurait obtenu 24 % des suffrages exprimés

 


Bruno AMOUSSOU aurait obtenu 18 % des suffrages exprimés

 

 

Et pour finir, une page de publicité avec BOMI...

Plus personne ne m'appelle comme ça depuis des années mais Richard et Martine n'ont pas pu s'empêcher de jouer avec ce surnom qu'on me donnait dans le milieu de la spéléologie. La campagne électorale les a inspirés et ils ont conçu cette petite affiche. Peut-être pour détendre l'atmosphère qu'ils ont pu percevoir lors de leur voyage en février...

 

 

Michel BOURBAO - Porto-Novo (mars 2006)
Photographies personnelles ou prises par Richard

 

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