MAGOU

Ce vendredi 10 mars 2006, notre ami Magou a brutalement disparu. Il nous a quittés dans la nuit de jeudi à vendredi alors que nous plaisantions encore avec lui mercredi et jeudi, sans nous douter de rien. Comme dit Emma, du fond de son désarroi : tu nous as feintés... En fouillant dans les photos de ces six derniers mois, je ne retrouve que des sourires ta bonne humeur toute simple...

 

 

 


Dans le salon de ta maison familiale

 

 


Tu répondais toujours à nos questions...

 


Avec ta nièce Lazaria

 


Tu nous as fait découvrir un sirop aux fruits de la passion

 


Il y a moins de quinze jours, tu nous faisais l'immense honneur de nous permettre de partager une cérémonie familiale traditionnelle

 


A Grand-Popo, dans la maison de ton oncle

 

 

 


Nous sommes revenus sur les traces de ton enfance. Ton père était chef de gare à Porto-Novo et tu me racontais tes souvenirs devant la gare maintenant désaffectée.

 


Petite sieste sur la terrasse, à Porto

 


Lors du mariage Tétégan

 

 


Lors d'une promenade à Hio, autour du site de Weïya café


La route des pêches


Lors d'une promenade à Hio, sur la lagune, derrière Weïya café

 


Lorsque tu nous as fait découvrir, avec Emmanuel, le fameux Weïya café

 

 

 


Comment allons-nous faire sans ton éternelle bonne humeur ?

 

 

Une lettre de Corinne, pour toi Magou...

A chacun de mes trois voyages au Bénin, un des moments qui me donnait le plus de joie c'était lorsque nous vous retrouvions Magou, toi et Emma à Cotonou.
Lorsque je pénétrais dans votre maison, j'avais le sentiment de vivre un moment privilégié. Je retrouvais des amis, des amis si loin de moi par les kilomètres mais pourtant si proches par le cœur. Bien sûr, ce sentiment était nourri par le lien profond qui te rattachait à Michel mais il y avait bien plus que cela.
Aujourd'hui, Magou, tu es parti et je sais que si je retourne au Bénin, rien ne sera pareil.

Car tu savais me raconter l'Afrique. Tes yeux me parlaient de l'Afrique, ton sourire et tes éclats de rire me parlaient de l'Afrique, tes misères et tes rêves aussi me parlaient de l'Afrique. Tes histoires me parlaient de l'Afrique. Je me souviens de celle où tu étais enfant et avec une bande de gamins de Cotonou vous aviez nagé vers un bateau qui avait coulé, pour récupérer la cargaison qui remontait à la surface. Kilian, Tiphaine, Michel et moi étions écroulés de rire !
Lorsque nous nous promenions avec toi dans Cotonou, les gens te saluaient avec un tel respect ! Ils s'adressaient à nous yovos et nous disaient : " cet homme là, c'est un homme bien ! " Un peu pour nous dire " rien ne peut vous arriver avec lui " ou peut-être : " attention yovos, traitez-le, vous aussi, comme un homme bien ! "
Tu répondais toujours à mes questions de yovo avide de comprendre ce continent. Tu répondais avec lucidité et sagesse. Tu ne jugeais personne, tu aidais tout le monde. Les gens te demandaient conseil sur tout. Tu n'étais pas n'importe qui !
Tu m'as dit à Noël dernier : " la force de l'Africain c'est de garder, même dans l'adversité et la misère, son sourire et son optimisme " Alors, je te regardais, je regardais Emma, vous si loin de ma culture et de ma vie et je comprenais mieux l'Afrique.
Si la vie t'avait permis de vieillir, tu serais devenu sans aucun doute, un personnage de conte africain. Tu sais, ce vieil africain près duquel on s'assoit, que l'on écoute religieusement et qui nous emmène sur les chemins de la sagesse……
Le jour où tu es parti, Magou, je t'ai envoyé une lettre dans laquelle je te recommandais de prendre bien soin de toi.
Mais j'avais oublié qu'il n'est pas simple sur cette terre africaine de prendre bien soin de soi !
Nous avions fait une photo avec Richard où je t'envoyais un baiser pour te remercier de ton présent que tu lui avais confié pour nous. Il te l'avait promis, je crois. Tu n'as pas eu le temps de la voir, elle est dans ta boite à émail, quelque part dans un cyber de Cotonou. La voici, ce sera ma façon à moi de te dire au revoir puisque je ne peux pas me joindre à tous ceux qui seront près de toi pour t'accompagner une dernière fois.

Corinne
La Tour D'Aigues, le 10 mars 2006,


Fin février, tu as fait parvenir des gâteries à Corinne et aux enfants par l'intermédiaire de Richard. Elles sont bien arrivées à destination et le passeur t'en a informé à l'aide de quelques photos. Tu as reçu une première version de la photo, mais un peu floue. Tu as trouvé ça génial et tu es parti d'un grand éclat de rire...

 

Michel et tes amis - Porto-Novo les 10 et 11 mars 2006

accueil - plan du site - projet Galinette - recherche en sciences de l'éducation

 

Vous Ítes le   ème visiteur depuis le 20 mars 200