Maroc (page 4) De Zagora à Marrakech

 

Nous filons vers Ouarzazate en remontant la vallée du Draa. Des centaines de vendeurs de dattes nous interpellent pour nous vendre la même boite ou le même panier. Ils sont si nombreux que nous nous demandons comment ils peuvent vivre. Ouarzazate est une ville plutôt moche, sans âme. Un aéroport pour accueillir les touristes, des hôtels, des banques, des agences de voyage. Nous filons à l'Est et remontons la vallée du Dadès vers Skoura, y trouvons une petite pension familiale et allons nous perdre dans une immense palmeraie.

Une casbah magnifique semble avoir été restaurée récemment.

Le soir nous nous promenons dans la ville. Pas un touriste, pas une boutique à souvenirs. Tout est calme, un peu mort même. Nous aimons bien cette ambiance que l'on pourrait qualifier de presque triste. Nous voyons enfin des maisons et des gens qui semblent vivre en dehors du tourisme. La nuit nous cache aux yeux des gens, nous passons enfin inaperçus.

Dans notre petite pension, un tajine simple nous attend. Nous faisons connaissance avec Abdellatif. Une longue conversation dans l'esprit Servas nous occupe tout au long de la soirée. Ce fut passionnant car Abdellatif est un personnage pur et intègre qui tente de vivre de son métier de guide touristique et nous dévoile comment fonctionne le tourisme au Maroc. Tout ce qu'il nous dit nous paraît sincère et correspond exactement à ce que nous avons pu percevoir. Nous avons été troublés de constater combien le tourisme a pu bouleverser l'équilibre du Maroc. Rien ni personne n'a été épargné, et personne ne semble se révolter. Nous trouvons que les paysages du pays sont très variés et magnifiques, l'architecture est étonnante et remarquable. Pourtant nous sommes mal à l'aise et avons le sentiment de cautionner ce système complètement perverti par le simple fait d'être touristes nous aussi.

Au matin, petit déjeuner sur la terrasse avec vue sur la palmeraie et le Haut-Atlas enneigé. Du coup, le pain et le café ont meilleur goût…


Nous reprenons la route vers Marrakech.

25 kilomètres après les studios de cinéma de Ouarzazate, nous empruntons une piste à gauche qui remonte vers Telouèt en passant par Aït Benhaddou (photo ci-dessus). Une piste de 30 km devrait nous mener au col Tizi-n-Tichka à 2250m d'altitude avant de redescendre vers Marrakech. Nous pensions faire ce chemin rapidement (en une grosse heure) mais la piste était très difficile et encombrée. Ce n'est que vers six heures du soir qu'on passe enfin à Telouèt et qu'on arrive au col. Le chemin fut magnifique car il remonte une vallée empruntée par une rivière et traverse de magnifiques villages à l'architecture bien particulière.


Deux aspects imprévus nous ont un peu gâché le voyage : des centaines de gamins s'accrochent aux portières pour mendier des stylos, des dirhams, des vêtements ou des bonbons ; nous croisons une cinquantaine de 4x4 qui descendent en sens inverse du nôtre. C'est parfois dix à quatorze engins appartenant à une même agence qui se suivent. La piste est tellement escarpée et étroite qu'il faut faire marche arrière jusqu'à un petit creux dans la roche pour se garer et attendre que tout le monde soit passé. Ce n'est qu'en France que nous comprenons que les Tour opérateurs convoient leurs grappes de touristes à la semaine et que le lundi c'est le jour de départ de Marrakech, donc de la descente par Telouèt. Le vendredi ce doit être l'enfer dans l'autre sens…

Après 4 heures de conduite difficile sur une piste très étroite et très escarpée nous arrivons sur le goudron avec plaisir. La nuit tombe quand nous arrivons au col (2200m) et nous redescendons de nuit vers Marrakech. A huit heures du soir, nous entrons enfin en ville et cherchons une adresse improbable d'hôtel bien placé et pas trop cher. La ville est très grande et nous ne voulons rien demander à personne car saturés par les rabatteurs, vendeurs et autres gamins. Corinne a le volant et nous mène droit dans la médina, les ruelles sont de plus en plus étroites. On fend difficilement la foule dans les ruelles à sens unique complètement encombrées. Personne ne proteste ni ne semble surpris alors que nous nous sentons de plus en plus mal. Après avoir consenti à demander notre route à un vendeur d'arachides, on comprend qu'il faut tout reprendre en sens inverse pour rejoindre l'autre bout de la ville. Sportif ! Tout particulièrement lorsqu'on doit croiser quelques rares véhicules en sens inverse… On finit tout de même par trouver notre hôtel, y obtenir la dernière chambre disponible (il est 9h00 du soir), garer le Toyota sur un parking gardé et pas trop loin de l'hôtel. On mesure combien Marrakech est une grande ville à la circulation anarchique…

Michel BOURBAO - 2004

page 3 - SUITE du CARNET de VOYAGE - page 5

accueil - plan du site - projet Galinette - recherche en sciences de l'éducation

 

Vous Ítes le   ème visiteur depuis le 20 mars 200