Carnet de voyage au Maroc (du samedi 20 décembre 2003 au vendredi 2 janvier 2004)

De Tanger à Merzouga

 

C'est un soir de novembre, alors qu'il faisait bien froid, que nous avons eu le besoin de nous programmer des vacances loin de chez nous. Nous n'avions pas pris de vraies vacances depuis plus d'un an et cela commençait à nous manquer…

J'ai proposé à Corinne d'aller promener le 4x4 au Maroc pendant les vacances de Noël. Ce n'était pas très loin de chez nous, assez dépaysant et riche sur le plan culturel. Corinne y était passée il y a 17 ans et moi je ne connaissais pas.

Le départ se fit en catastrophe : j'eus tout juste le temps de préparer le véhicule sur 4 week-ends, les passeports furent refaits quelques jours avant le départ. Nous avons pu réserver des places sur un bateau de Sète à Tanger. Corinne prépara un itinéraire pour nous amener dans les dunes de sable et des oasis.


Le samedi des vacances nous préparons nos sacs le matin dans la précipitation, à midi le repas est vite avalé, nous prenons l'autoroute pour rejoindre le port de Sète. Il ne reste plus que nos billets sur le comptoir, ils sont vite enregistrés et nous sommes presque aussitôt dans le bateau. Ouf !!! Nous pouvons enfin nous poser et nous reposer de cette fin d'année mouvementée.

Le voyage dure 40 heures. Le temps de lire deux romans chacun, de boire quelques thés à la menthe, de dormir, de regarder la mer et d'apprendre quelques us et coutumes par quelques voisins de chambre marocains.

Lundi matin, nous passons le détroit de Gibraltar, la mer est calme, la vue dégagée. On voit à la fois la côte espagnole et la côte marocaine. Beaucoup de trafic côté bateaux. La température est très douce, on se sent reposés et en vacances. A midi, nous entrons dans le port de Tanger, ville blanche.

Le Toyota met les pneus en Afrique pour la première fois. Commence alors la pagaille classique en ce type de pays : files d'attentes, formalités incompréhensibles, flics de tous les côtés, rabatteurs qui cherchent à t'embrouiller pour gagner trois sous, touristes étonnés ou en colère, locaux qui magouillent pour passer plus vite que les autres, flics tatillons et prévenants avec les étrangers… Nous nous sentons frais et dispos, heureux de retrouver une ambiance africaine.

Après quelques heures, nous entrons dans la ville, trouvons une banque dans un quartier glauque pour retirer des dirhams avec une carte (ça marche du premier coup). On est enfin opérationnels et on choisit de partir vers Chefchaouen car Tanger ne nous inspire guère et nous ne voulons pas y dormir la première nuit.

 

La route est belle, les prés sont verts comme chez nous au printemps. Il y a un beau soleil et l'air est doux. Sur la route on fait quelques escales techniques (plein de gaz-oil, achat d'un stylo Bic car tous les nôtres sont restés en France, et premier repas dans un restau de bord de route). Le premier repas est une agréable surprise (salades variées, délicieuses brochettes, thé à la menthe dans un cadre à la magie orientale).

En fin d'après midi, nous sommes à Chefchaouen, ville très mignonne dans le Rif, au milieu des vendeurs de kif qui nous interpellent sur la route. On s'installe dans un petit hôtel et on file se promener dans la vieille ville. On se perd à la nuit dans des ruelles étroites et tordues, parmi les petites échoppes et les artisans qui finissent leur journée. Nous adorons cette ambiance. La faim nous encourage à retrouver le chemin d'un petit restau (repas en terrasse, avec nos polaires sur le dos quand même…). Première nuit au Maroc, dans une chambre glaciale malgré un mauvais chauffage électrique prêté par le patron (rare au Maroc).

Le matin, Corinne ne peut pas s'empêcher d'aller faire un tour au Hammam pour blaguer un peu avec les dames du coin pendant la toilette. Moi, je vais me perdre à nouveau dans les ruelles blanches ou bleues pour faire quelques photos.

En fin de matinée, on prend la route vers Fès. Repas épique dans une mauvaise gargotte crasseuse au possible à Ouzzane. Pas un seul touriste, on comprend vite : la ville est rustique et sans charme. Tentative d'arnaque grossière de la part du tenancier, première pierre sur la voiture lancée par un gamin, on file vers le sud. La route est magnifique, elle monte à 2200 mètres d'altitude, il y a de la neige sur de nombreux kilomètres et au loin on voit le Haut-Atlas enneigé.

Arrivée à Fès dans l'après midi. On se pose dans un bel hôtel et on file dans le souk pour aller se perdre dans de nouvelles ruelles. Des bâtiments magnifiques, une grande et belle ville. Un souk immense regorgeant de merveilles orientales. On s'achète une lampe dont Corinne rêvait.

Le soir, au restau nous goûtons à notre première bouteille de vin local, un peu décevant…

 

Nous avions prévu de passer à Meknès, mais la route est longue vers la prochaine étape, il faut encore passer un col à 2000 mètres et nous avons besoin de nous retrouver loin des grandes villes dans un patelin tranquille. Nous y passerons au retour et filons vers Er Rachidia, aux portes du désert.
Nous entrons dans la vallée du Ziz en fin d'après midi. Le paysage est magnifique : relief désertique et oasis au bord de l'oued.

Nous ne sommes pas déçus par Er Rachidia : le guide nous indiquait que c'était une petite ville étape sans rien de spécial, en fait, nous nous y sentons très bien. C'est le soir de Noël : tagine au menu puis une promenade nocturne dans le souk (grand marché). Les gens sont paisibles et gentils. Gavés de pâtisseries orientales, nous rentrons pour passer une nouvelle nuit glaciale dans un hôtel rustique mais agréable.

Au petit matin, en route vers le désert. Nous traversons Erfoud, refusons toutes les propositions de guidage vers les dunes de Merzouga et arrivons très simplement au pied des dunes de sable.

Refus poli de tout guidage vers un hôtel et nous trouvons l'auberge des dunes d'or loin du centre du village, juste au pied des dunes (photo ci-dessus).

Promenade dans les dunes seuls (après avoir gentiment refusé les propositions de guides et le tour en chameau). C'est un joli Noël, au soleil, dans les dunes de sable, avec un petit vent frais. Corinne nous a emmenés là où elle voulait. On peut soit profiter quelques jours sur place, soit s'inventer une suite nouvelle.

J'ai été surpris par la bonne qualité des routes marocaines. Je propose qu'on aille se perdre un peu sur les pistes du désert. On pourrait rejoindre Zagora en longeant la frontière algérienne mais il est absolument déconseillé de s'y aventurer seul car la piste de 250 km est très mal indiquée, on s'y perd à coup sûr… Nous espérons rencontrer des gens comme nous possédant un bon véhicule et motivés par l'aventure. Pas moyen, la seule solution raisonnable consiste à louer les services d'un guide qui connaît bien le secteur. L'hôtelier nous emmène de nuit sur une mauvaise piste pour négocier avec son cousin. L'affaire est conclue autour d'un thé à la menthe à 22h dans une magnifique bâtisse marocaine, on part demain à 10h30 pour deux journées de piste réputée difficile.

Michel BOURBAO - 2004

SUITE du CARNET de VOYAGE : page 2

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