Algérie

In-Guezzam - Tamanrasset - In-Salah - Ghardaïa - Alger

 

Nous avons rendez-vous au poste de police d'In-Guezzam vers midi avec Anne-Marie, Yves et leur guide algérien. Pas moyen d'entrer dans le Sud algérien sans guide. Nous sommes presque à l'heure et arrivons peu après 13 heures. Miracle, ils sont arrivés juste un peu avant nous. Pas de chance, nous ne les voyons pas de suite car ils sont partis manger à l'ombre... Normal, il fait 46° sous abri. Tant que le guide n'est pas là les policiers refusent de commencer nos formalités. Lorsque le guide, Anne-Marie et Yves arrivent, c'est le vétérinaire qu'on recherche. Il viendra très tard et signera un vague papier qui certifie que Galinette n'a pas la grippe aviaire. On roule dans un bac sensé contenir du désinfectant et nos pneus sont propres... Au total, les formalités nous ont pris près de 6 heures… Nous ne quittons le poste de police-douane qu'à 19h30 et allons camper en plein désert, non loin de là.

 

Pendant notre après-midi au poste de police, nous avons eu le temps d'observer le passage de 4 camions qui descendent vers le Niger. Chacun transporte de nombreux passagers à son bord. Leurs formalités semblent plus rapides que les nôtres mais nous nous consolons en pensant que nous sommes mieux installés dans Galinette.

 

Le soir, Moustafa nous emmène à quelques kilomètres du poste de police afin d'installer le camp pour la nuit.

Anne-Marie et Yves sont venus nous rejoindre à In-Guezzam pour partager un moment de notre voyage et nous faire profiter de l'accompagnement de leur guide. Sans leur aide, la police ne nous aurait pas laissé remonter seuls vers Tamanrasset. Pour organiser leur séjour, ils ont fait appel aux services de l'agence Akar-Akar. Cette agence sérieuse emploie un personnel compétent qui nous a laissé une très bonne impression.

 

Lever au petit jour

 

 

Avant de lever le camp, nous sacrifions aux rites du matin...


Les niveaux


Le plein


et le dernier thé avant de prendre la route


In-Guezzam n'est pas loin...

 

In Guezzam est une ville étrange, elle m'a laissé l'impression d'être une construction artificielle en plein milieu du désert. Peu d'intérêt pour le voyageur qui traverse le Sahara en dehors de la pompe à essence... Nous avons eu l'agréable surprise de mettre 70 litres de gasoil dans le réservoir pour à peine 10 euros. 0,15 euros le litre c'est un plaisir pour les routiers au long cours...

 

En quittant In-Guezzam vers Tamanrasset il y a une belle route sur près de 100 km. Etrange ruban de goudron cerné au nord et au sud par le désert et les pistes ensablées.

Moustafa nous propose de faire une pause auprès d'un puits afin de remplir les bidons d'eau. Un camion de voyageur fait lui aussi le plein d'eau.

A midi nous faisons une halte sous quelques arbres repérés de loin. Nous ne sommes pas les seuls à être attirés par l'ombre des acacias.

 

Toute l'après-midi nous allons rouler sur les pistes qui mènent à Tamanrasset. Nous traversons un étrange monde minéral où le sable et le soleil sont les rois.

 

 

 

 

 

 

Le soir, nous arrivons enfin à Tamanrasset. Je ne reconnais plus la ville où j'étais venu en 1990. Le gros village est devenu une immense ville moderne. Nous partons à une dizaine de kilomètres au nord pour rejoindre le site d'hébergement de l'agence Akar-Akar : un merveilleux camp, oasis de paix et de fraîcheur.

Après une agréable soirée, un bon repas et un délicieux petit déjeuner, nous quittons Yves et Anne-Marie pour continuer notre traversée du Hoggar vers Arak et In-Salah. Nous faisons quelques formalités à Tamanrasset : change d'argent, assurance pour Galinette, achat de bouteilles d'eau fraîche et feuille de route pour la gendarmerie. Contrairement à ce qu'on nous avait annoncé, la gendarmerie nous laisse partir sans guide à bord du véhicule. Nous en sommes ravis car nous ne nous imaginions pas assis à trois sur deux sièges pendant 2000 km... De plus, nous voulions être libres de nos mouvements et la présence d'un étranger entre Joël et moi nous aurait agacés.

 

 

 

 

Entre Tamanrasset et In-Salah, la route est terriblement dégradée en de nombreux endroits. Les travaux sont fréquents et nous devons régulièrement emprunter des tronçons de piste pour continuer à avancer.

 


Le lendemain nous quittons In-Salah vers le nord. Le sable est omniprésent mais la route est en meilleur état.

 

 

La remontée à travers l'Algérie s'est déroulée très vite. Nous avons parcouru les 2000 kilomètres jusqu'à Alger en trois jours seulement. L'ambiance n'est pas propice au tourisme : contrôles réguliers et très contraignants de la police.

Si certains Algériens sont très accueillants et font preuve d'une grande gentillesse, nous ressentons un certain stress ambiant par endroits et un climat hostile en certains lieux (particulièrement à El Meena ou El Goléa). A Alger nous retrouvons les joies de l'anonymat et une ambiance détendue. En plus il fait frais… Nous choisissons de nous offrir un bon hôtel et un excellent repas au restaurant pour fêter notre traversée.

Nous prenons le bateau mercredi et arrivons à Marseille jeudi soir.

 


"Allo Thérèse, on arrive..."

 

24 heures plus tard, les premières images de Marseille et de la France. Pour moi, l'émotion est au rendez-vous. La grande boucle s'achève, je suis enfin de retour.

Bilan routier du voyage retour : 5000 km sans incident majeur, tout s'est bien passé. Avec Joël nous avons parcouru 4000 km en 8 jours à peine pour relier Niamey à Alger. Ce fut certainement trop rapide car nous avons peu profité de nos étapes et beaucoup roulé mais les conditions de départ nous ont poussé à tenir ce rythme. De plus l'Algérie ne se prête pas encore beaucoup au tourisme, en tout cas pas sur l'axe que nous avons suivi. En d'autres endroits du Grand Sud ce doit être certainement différent.

Au total, j'ai parcouru près de 30 000 kilomètres en onze mois à travers l'Afrique de l'Ouest. Au vu de l'état des routes, de l'état des véhicules, du faible niveau d'instruction de la majorité des conducteurs, des conditions de conduite plutôt difficiles et imprévisibles, je suis épaté qu'il n'y ait eu aucun incident à déplorer. Pas d'accrochage avec un véhicule, personne n'a été renversé, aucun animal écrasé ; ça tient du miracle... Ce retour appelle d'autres bilans plus sérieux, mais là c'est une autre histoire.

 

Michel BOURBAO - La Tour-d'Aigues (31 mai 2006)
Photographies personnelles ou prises par Joël

 

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