Mali

 

Enfin nous arrivons au Mali, mais encore une fois nous avons dû rouler de nuit alors que nous essayons de l'éviter. La route Ayoûn-Nioro est excellente car toute neuve. A Nioro du Sahel, nous nous installons dans le camping administratif en ruine et savourons la première bière depuis le début de notre voyage (15 jours quand même…) : une " flag " bien glacée... L'accueil est bienveillant, détendu et rigolard, l'Afrique noire que nous aimons commence ici…

Le matin suivant, nous devons régler certaines formalités douanières peu simples : à Nioro, ville frontalière, il n'y a pas de bureau de change mais on peut s'arranger à la pharmacie ou au guichet de la Western Union, on vous appelle un changeur au noir et l'opération se fait sur le comptoir…

Il n'y a pas de bureau d'assurance non plus et comme l'assurance (carte brune) est obligatoire un flic en jouera pour essayer de nous soutirer de l'argent. Pour ceux qui viennent de la Mauritanie, j'ai remarqué un bureau d'assurance à Ayoûn qui proposait des assurance pour la CDEAO (communauté économique des états d'Afrique de l'ouest). Il faut savoir qu'une compagnie d'assurance à Bamako m'a proposé un contrat d'un mois valable dans tous les états de la CDEAO pour 30000 FCFA (on peut trouver bien moins cher) et au Bénin j'ai pris un contrat d'un an pour 72000 FCFA.

Le poste de douane est bien caché dans la ville. Le laisser passer pour chaque véhicule coûte 7000 FCFA contre reçu.
Le poste de police se trouve à l'entrée de la ville (quand on vient de Mauritanie) et le chef de poste qui, un adjudant chef qui a peut être 30 ans de carrière, s'ennuie ferme à Nioro depuis sa nomination sur ce poste en 2002. Son sport favori semble être la manipulation des voyageurs pour essayer de leur soutirer quelque argent. Il doit viser le laisser passer des douanes et prétend que nous devons payer ce service, il nous fait remarquer que nous ne sommes pas assurés et donc susceptibles de payer une amende… Pas de chance, je me sens en forme et d'attaque pour la bagarre : je l'embrouille avec un certificat que j'avais demandé à mon assurance et qui précise que ma personne est couverte dans le monde entier (mais le véhicule ne l'est plus en dehors de la zone de la carte verte). Il maîtrise mal certains termes et j'en profite pour le faire douter avec la plus grande assurance. Je lui ressors ma botte favorite des courriers aux ministères du Mali, lui parle d'ambassade de France à Bamako, du site internet lu par des milliers de personnes. Pour rester cohérent avec tous les mensonges qu'il nous avait servis, il évoque des timbres fiscaux qu'il faut apposer sur le document mais c'est compliqué car il faut les acheter au entre des impôts. Philippe se charge d'aller les chercher pendant qu'on reste avec le chef de poste. Il revient avec des gros timbres à 500 FCFA que l'adjudant chef a toutes les peines du monde à caser proprement sur le formulaire (aucune place n'est prévue à cet effet car il est sensé signer seulement et au centre des impôts personne ne connaissait cette taxe…) Il nous a fait perdre une grosse heure mais les 1000 FCFA ne seront pas tombés dans sa poche, c'est l'état qui en profitera pour une fois...

Nous attaquons enfin la piste de 100 km qui relie Djema et pour laquelle nous avons eu des informations contradictoires. Les pluies sont sensées rendre cette piste impraticable en cette saison. Passera, passera pas, nous partons optimistes pour notre première rencontre avec la brousse. Malgré les difficultés du terrain liées aux pluies des derniers jours le paysage est paradisiaque. Nous mettrons 7 heures pour faire 90 km… car ici c'est le terrain qui commande !

La chance est avec nous car il n'a pas plu depuis quatre jours et les ornières sont suffisamment asséchées pour que le passage soit possible.

 

La R5 sera souvent plantée, le Nissan s'enlisera une fois et Galinette mettra une roue dans un trou profond…

Après toutes ces épreuves sans conséquences fâcheuses, nous décidons de camper dans la brousse. Feu de camp et bruits de la nuit pour une soirée magique.

Un berger moderne surveille ses boeufs depuis son hamac...

Le lendemain une mauvaise surprise nous attend : il y a 179 km de piste en tôle ondulée entre Djema et Didieni. Là encore il faut près d'une journée entière pour ce trajet pénible sous la chaleur, dans la poussière et dans les gaz d'échappement des camions. Sur cette piste en latérite, on ne risque pas d'être bloqué par les flaques et la boue, mais la mécanique souffre terriblement avec les vibrations. La R5 a très mal supporté ces 300 km de piste qui ont eu raison de son pare-choc, de ses clignotants, de son pot d'échappement et de ses amortisseurs.

Nous arriverons épuisés et affamés à Bamako. Formalités pour assurer le véhicule (carte brune) et changer de l'argent. Le seul guichet automatique est en panne et il faudra passer près de deux heures dans deux banques pour retirer un peu d'argent. Les voyageurs en Afrique doivent impérativement s'équiper d'une carte visa internationale car les autres ne sont pas reconnues. Nous quittons vite la grande ville et prenons la direction de Ségou au bord du fleuve Niger. Corinne retrouve ce fleuve qu'elle avait découvert il y a 19 ans, lors d'une autre descente en voiture de Marseille au Burkina-faso. Les sensations de sérénité, lorsque l'on contemple ce fleuve fascinant, sont de nouveau présentes. La vie qui s'organise autour ne paraît pas avoir été bousculée c'est vrai qu'en Afrique, il arrive que le temps n'ait pas de rives .

Nous allons visiter le village de Sakoïba dans lequel Hélène, Philippe, Gaël et Emmanuelle travaillent avec leur association (www.mondes-solidaires.com ). Cela nous rappelle les visites que nous faisions dans le cadre de l'association " Camion pour l'Afrique " : le maire, l'infirmière, le directeur de l'école, le chef traditionnel…
Soudain le vent se lève, la poussière tourbillonne et nous nous trouvons pris dans le plus bel orage du voyage.

Nous quittons nos compagnons de route pour continuer seuls vers le Burkina car ils sont arrivés à destination. Nous avons une petite pensée émue à l'idée qu'ils remontent actuellement par la même route vers la France (sans la R5 qui, elle, a adopté le territoire malien). Nous avons bien apprécié ce bout de chemin que nous avons partagé.

Message perso pour Emmanuelle et Gaël : bravo pour avoir réussi à mener " la petite " à bon port. Ce n'était pas gagné d'avance ! Du boulot pour Philippe afin de la remettre en état...

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Vous pouvez aussi visiter, à propos du Mali, le site de Gwen et Marc Thiébaut : http://www.bourlingueurs.com/mali/index.htm

Consulat Honoraire à Marseille
Adresse : 47, rue de la Paix - 13001 Marseille
Tél : 04.91.33.76.30 Fax : 04.91.54.19.91

 

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Michel BOURBAO - 2005

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