Niger page 3

Niamey - Dosso - Tahoua - Agadez - Arlit - Assamaka

 

Joël arrive à Niamey le lundi 8 mai au soir. Dès le lendemain matin, nous prenons la route pour commencer la traversée du désert.

 


Derniers préparatifs dans le jardin de Vincent

 

Première étape de la Transsaharienne : Dosso puis Tahoua. Dans la matinée, la température monte rapidement à 46 degrés celsius.

Nous traversons quelques villages. La vie semble rude ici. Les constructions sont magnifiques : les cases et les greniers sont construits en terre.

Nous avançons vers le nord, après Tahoua nous croisons régulièrement des véhicules surchargés. Certains transportent des travailleurs saisonniers, d'autres des clandestins qui sont en route vers l'Europe.

La route se dégrade, il y a des travaux qui nous obligent à emprunter une piste sur une soixantaine de kilomètres. Un vent léger soulève le sable et la lumière devient progressivement orange.

Nous devons rouler avec les phares, cela permet de se faire repérer de loin par les rares véhicules que nous croisons. La luminosité est très faible, il est pourtant à peine midi.

 

 

Cette atmosphère durera toute la journée. A Agadez on nous explique que c'est dû au changement de saison. Ce vent poussiéreux annonce la fin de la saison sèche et l'arrivée des pluies.

 

 

 

La ville d'Agadez est noyée sous la poussière. Cela crée une ambiance très particulière, feutrée et un peu magique.

 


La mosquée d'Agadez

 

Nous avons prévu de faire une pause à Agadez pour obtenir mon visa algérien. Joël a obtenu le sien à Marseille mais de mon côté les formalités ont été impossibles depuis le Bénin. J'ai tenté ma chance à Niamey, mais l'ambassade algérienne refuse de délivrer des visas à ceux qui voyagent par la route. Le point de passage obligatoire c'est le consulat d'Agadez. Impossible de connaître le temps de délivrance du visa par téléphone. J'ai envoyé un premier dossier par la Poste pour montrer ma bonne volonté mais le consulat ne traite pas ces dossiers. Nous espérons que l'affaire sera réglée en moins de trois jours car nous ne voudrions pas être bloqués le week-end ici. De plus, comme l'Etat algérien impose que nous soyons accompagnés par un guide algérien, nous devons donc donner un rendez-vous précis à l'agence de Tamanrasset qui se trouve à 400 km de la frontière où nous serons attendus. C'est d'une simplicité...

 

Voici le consulat d'Algérie à Agadez. Le premier jour, la ville était couverte de poussière et une lumière orange faisait penser à la dernière éclipse du 29 mars. Pas moyen d'entrer, les gardes et la secrétaire du consul nous parlent à travers une petite ouverture. Une dizaine de personnes attendent des compléments d'information, assises par terre.

Le second jour, la lumière revient mais les sbires du consulat continuent à nous parler à travers la petite lucarne en fer. Si le personnel du service consulaire nous a marqué par son peu d'amabilité et son mauvais accueil, le Consul a su rattraper la chose en me réservant un accueil très sympathique. Il m'a permis de recevoir le visa en 24 heures seulement. Merci Monsieur le Consul.

Enfin munis du précieux visa, nous avons repris la route vers Arlit, une étrange ville construite en plein désert autour d'une mine d'uranium.

 

La route n'est pas très bonne...

Mais des travaux sont en cours...

 


Un camionneur répare l'essieu de sa remorque


Un bus profite d'un tronçon de route correct pour nous doubler

 

Arlit est une ville moche et incroyable. C'est la dernière ville étape du Niger sur la Transsaharienne avant d'attaquer les pistes qui mènent vers l'Algérie.


Cet hôtel n'existe plus.

Des bus, des camions, des 4x4, trois stations essence, des ateliers de mécanique, du sable et de la poussière.

 

Joël profite de la proximité de la Poste et de son pylône chargé de paraboles pour tenter un dernier appel. Nous ne savons toujours pas si sa soeur est prévenue et si nous la retrouverons bien demain à la frontière algérienne. Il n'arrive pas à joindre le téléphone satellitaire du guide mais parvient à joindre l'agence Akar-Akar de Tamanrasset. On l'informe qu'Anne-Marie et Yves auraient été prévenus. Inch' Allah ! Nous verrons bien demain... De notre côté nous avons fait tout ce que nous avons pu pour les joindre.

Ici, il n'y a qu'un hôtel (minable) et le camping de Moustache. Je propose à Joël qu'on dorme à l'hôtel et qu'on aille manger au camping. Cela pourrait nous permettre de rencontrer d'éventuels compagnons de voyage pour rouler en convoi demain matin.

Mais le mois de mai ne correspond pas à la bonne saison pour traverser le Sahara car c'est la fin de la saison sèche et il fait très chaud (42 à 46 degrés de 9 heures du matin jusqu'à 18 heures). Personne ne prendra la piste vers l'Algérie le vendredi 12 mai. Moustache nous rassure en affirmant que la piste est facile et bien balisée mais nous déconseille de dire que nous allons l'emprunter seuls car les bandits et les coupeurs de route rôdent dans la ville. Nous regrettons d'avoir pris une chambre à l'hôtel car Moustache et son camping nous semblent bien plus accueillants et sympathiques.


L'entrée du camping de Moustache


L'hôtel Tamesna, un sordide boui-boui


Au menu : frites et viande en sauce. Pas mauvais mais le service est sobre. Heureusement que nous avons nos couteaux.

Dès 6 heures du matin, nous préparons notre départ et cherchons de quoi préparer notre petit déjeuner. Des gens dorment encore dans la rue.


Petit déjeuner romantique près de la mine d'uranium

Malgré l'aide du GPS, nous avons failli perdre le début de la piste vers Assamaka. Ensuite, le parcours s'est plutôt bien déroulé jusqu'au poste de contrôle Assamaka.

La piste est jonchée d'épaves qui ont été pillées. Les pièces d'occasion sont en vente dans les rues d'Arlit. Nous encourageons Galinette en espérant qu'elle ne nous fera pas une grosse panne en plein désert...

Dans une zone de sable mou, en haut d'une côte délicate, nous croisons une bande de gars qui nous font de grands signes. Ils ont choisi un endroit étrange pour nous intercepter : en cas d'arrêt tout redémarrage semble difficile, voire impossible. Je m'arrête donc avant d'arriver à leur hauteur sur un banc de sable dur. Nous les laissons approcher à pied et prenons le temps de les observer. Qui sont-ils ?

En fait ce sont les émissaires d'un groupe de treize personnes. Ils sont tombés en panne en plein désert depuis la veille. Ils ont cassé le démarreur de leur camion et ne peuvent plus repartir. Comme ils n'ont plus d'eau nous leur laissons 7 litres et leur promettons de prévenir le poste de gendarmerie d'Assamaka. Ce que nous ferons quelques heures plus tard.

Après environ 250 km de piste, nous arrivons au poste d'Assamaka. Nous sommes tombés droit dessus en suivant la piste. Le point GPS que nous avions situait ce lieu 3 km plus au nord ouest mais dans cette étendue de sable la moindre habitation se voit de très loin...

Dernières formalités. Les gendarmes et les douaniers réclament des cadeaux. Ils doivent se contenter de mes salutations sèches mais polies. Je leur rappelle qu'une mission importante les attend...

L'Algérie et In Guezzam, c'est de quel côté ? Là, plein nord, il n'y a qu'à rouler devant, tout droit sur l'immensité de sable...

Michel BOURBAO - La Tour-d'Aigues (mai 2006)
Photographies personnelles ou prises par Joël

Lire la suite du récit de voyage : la page Algérie.

 

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